Dédicace à l'ancienne école ceux qui m'ont mis le pied à l'étrier
Que la nouvelle décolle l'esprit ouvert et le regard écarquillé
Savine street boulevard tier-quar phénomène
Là où on traîne avec nos joies et peines
Paix aux ghettomens du temps
Fruit du chrysanthème
Au printemps on crise par centaine et pourtant certains promènent
leurs ganaches de crapule de l'aube au crépuscule
En jouant à cache-cache pour du cash sous la canicule
Payer leurs barrettes de H avec les sacs qu'ils arrachent
Aux vieilles dames sans panache des lâches
Oui trop fastoche rien à faire sans un rond en poche
Tu fauches des sacoches pour ne pas paraître cloche
Comme si un Lacoste et des Air Max
Peuvent faire d'un moche un beau gosse
En CDI de vendeur de zètla avec toute la smala
Tu rames chaque jour comme un forçat
Pour ramener un salaire à la zon ou monter un négoce
Tu bombes le torse chaque nuit de noce
Tu rêves de peser plus lourd que les boss depuis tout mioche
Génération de sales gosses crapule précoce
Dégoûtés à l'idée de finir avec la pelle et la pioche
Pour fuir l'ennui tu squattes les murs, les bancs
Tu te retournes les burnes pendant le mois de ramadan
Sans diplôme sans emploi sans femme ni enfant
A 25 ans Tu crèches encore chez papa, maman
Délinquant le reste du temps tu sors de la brume
Noyé dans l'heineuneu et la fume
Après avoir soin de mettre à l'abri la thune
Amassé Avec du pneu afghan sur le bitume
Pour tous les lascars tricards
Qui traînent au snack et au bar
Bienvenu dans mon tier-quar
Savine Street Boulevard
Pour tous nos potes au mitard
Et ceux partis en corbillard
Et qui hantent nos mémoires
Depuis leur depart
Dégun vous oublie
À Savine Street boulevard
HLM dans la colline là où les blocks se dressent et s'alignent
Si les facettes du ghetto te fascinent poto bienvenue à la Savine
Ici ce n'est pas le zoo de Brooklyn
Ni le Queens et ses Project qui tombent en ruines
Mais un village multiculturel de gens solidaires
Fiers et rebelles tels la légion étrangère
En provenance de tout horizon
Qu'importe le temps ou la saison
Bien sûr on n'est pas tous poto loin de là
Mon tier-quar ce n'est pas Disneyland mais de là
A nous coller à la peau des clichés ghettos d'embrouilles au couteau
Je trouve que c'est trop que ça frise la parano
J'en remets une couche contre les élus locaux sans scrupule
Qui nous mènent souvent en bateaux pour faire passer la pillule
Ils nous promettent monts et merveilles pour l'avenir lors des élections
Mais disparaissent tous sans distinction quand les choses s'empirent
Alors comprend notre méfiance
Notre choix de souffrir en silence
Notre immense réticence
A faire partie de la douce France
Oui malgré la vue sur la mer
Ici on vit vénère les nerfs à fleur de peau
Par manque de pot et de repère
Certains sont partis à St Pierre trop tôt
Victimes d'accident d'auto, de moto ou du bédo
Sans compter les frères assassinés par les fachos
One love à ma zone à tous les ghettomens
De la cité phocéenne et à tous les immigrés de longue haleine